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Contrôle de la qualité de l’eau
Le lundi est le vendredi matin, j’effectue des prélèvements d’eau aux sorties de chaque bassin. A ce moment je me sers également d’un disque de « Secchi » pour déterminer la turbidité de l’eau. Puis, arrivé au labo, j’utilise un appareil (un chlorimètre) qui calcul le taux de chlorophylle dans l’eau prélevée. Ce taux de chlorophylle nous renseigne sur la production des microalgues présentent dans le bassin. Plus le taux est élevé, plus les microalgues sont nombreuses et produisent de l’oxygène en quantité ce qui est indispensable afin de compenser la quantité absorbée par les crevettes. Cependant, le taux ne doit pas être trop élevé car si la population alguale chute tout d’un coup, le taux d’oxygène chutera encore plus bas pendant la nuit car les microalgues mortes engendreront une fermentation qui consommera de l’oxygène en grande quantité. Il n’y aura alors pas assez d’apport en oxygène et les crevettes en subiront les conséquences… Après cette mesure, j’observe chaque échantillon au microscope afin de savoir quelles algues sont présentent et surtout en quelle quantité. Je compte les dinoflagellés (zooplancton), les chlorelles, les diatomées, les bâtonnets et autres. Ce comptage permet de pouvoir réagir sur le renouvellement en eau pour diluer ou concentrer la population alguale dans le bassin afin d’obtenir la concentration idéale.
Echantillonnage
Le mardi, mercredi et jeudi, j’échantillonne les 7 bassins de la ferme (à raison de 2 ou 3 par jour). L’échantillonnage consiste à prélever 6 échantillons de crevettes répartis dans 6 zones du bassin et de les peser afin d’obtenir un poids moyen individuel. Ce poids moyen calculé chaque semaine va permettre de suivre la croissance de chaque bassin. La variation de la croissance sera un des facteurs influençant la modification de la ration alimentaire journalière sur le bassin. Lors de l’échantillonnage, j’observe également les défauts des crevettes (black spots, cicatrices, déformations) sur un total de 100 crevettes. Cela permet d’avoir une approximation du nombre de crevette qui ne seront pas de « top qualité » et qui ne pourront pas partir pour le Japon ainsi qu’une appréciation de la qualité général du bassin.
Les aérateurs (« paddle »)

Les aérateurs sont des appareils que l’on met en place sur les bassins pour réaliser un apport d’oxygène complémentaire dans les bassins consommant beaucoup d’oxygène (ceux possédants beaucoup de
crevettes d’un poids moyen élevé). En fin de chaque saison, ils sont entièrement démontés. En fonction des besoins, je les remontes donc entièrement après en avoir fait la vidange et changé les
roulements, puis je les positionne dans les bassins et réalise tous les branchements électriques. Les aérateurs sont reliés par du câblage triphasé à un boitier que l’on installe sur les digues
sur lequel sont disposés les interrupteurs magnétiques ou mécanique (afin de ne pas avoir à être en contact de l’électricité pendant les pluies pour déclencher les aérateurs). Les aérateurs sont
quasi-indispensables et la très grande majorité des fermes en ont. Cependant, ils tombent régulièrement en panne. Soit le câble sous-marin est endommagé (il faut alors le démonter et le changer),
soit le moteur tombe en panne (il faut alors généralement changer les roulements).
Gestion du pompage
La gestion du pompage dépend de la marée et de son coefficient ainsi que des heures de pointes. En effet, à marée basse on ne peut pas démarrer les deux pompes, et lorsque c’est un grand coefficient, on ne peut en démarrer aucune. De plus, on ne peut pas démarrer les deux pompes lors des heures de pointe (8h-11h et 13h30-15h30) sans payer des suppléments sur la facture. Il faut donc tenir compte de ces deux facteurs pour satisfaire les besoins en renouvellement d’eau des bassins…et c’est tout un art.
Les stades de mue

Régulièrement au cours de sa croissance, la crevette va muer. Avant la mue et après la mue, les crevettes mollissent ce qui est problématique pour la vente (elles seront déclassées). Il faut
donc, quelques jours avant la pêche, réaliser ce que l’on appel un stade de mue. On prélève 100 crevettes dans le bassin prévu pour la pêche à l’aide de l’épervier, puis, on les abat en rajoutant
de la glace dans le récipient. On procède alors dans le labo à l’observation d’une partie précise du telson (la queue) et à l’appréciation de la dureté de la cuticule (la carapace) ce qui permet
de définir le stade. La manipulation est réalisée pour toutes les crevettes. On obtient alors un pourcentage de crevette pour chaque stade. Connaissant approximativement la durée de ces stades,
on arrive à estimer à quelle stade seront rendu les crevettes le jour de la pêche. Ainsi, on pourra si nécessaire se rétracter auprès de l’usine en annulant la pêche (24h avant dernier délai).
Généralement, on réalise deux (voir trois) « stade de mue » avant une pêche afin d’être sûr de la décision finale de pêcher ou d’annuler.
La pêche
La veille de la pêche, tout le matériel de pêche est amené sur la dalle de pêche et l’ouvrier du bassin en question fait le nettoyage des moines et de la dalle. Le jour de la pêche, le filet
conduisant les crevettes à la pompe est accroché, la tente montée, l’éclairage et le matériel installé, et
tout est désinfecté. Il y a plusieurs créneaux pour les pêches, celui-ci dépendant des créneaux restant à l’usine (toutes les fermes fournissant l’usine
à la même période). Lors de la dernière pêch
e, elle a commencé à 16h30 et fini à 22h30. Le camion de transport arrive chargé de 10 « bin » qui sont des cuves contenant un mélange de glace et de métabisulfite (cela permet aux crevettes de conserver leur couleurs).
Les crevettes passent dans le filet de pêche et la pompe les amènent sur la table de tri. Là, les mortes, les
très molles et les petites crevettes sont misent de côté (ce sont les ouvriers qui les prendront pour eux à la fin de la pêche). Toutes les bonnes
crevettes sont alors poussés dans les 2 trous de la table et tombent alors dans des « netlon » qui, une fois pleins, sont amenés et vider dans
les « bin ». Durant la pêche il faut surveiller avec attention le débit d’eau et le débit de crevettes. Il faut également récupérer régulièrement les crabes qui butent contre la grille « anticrabes » car s’ils passent à
travers, ils se coincent dans la pompe ce qui peut abîmer les crevettes. Je prélève aussi 4 échantillons de 50 crevettes au cours de la pêche. Pour chaque échantillon, je note la qualité des crevettes en repèrent les black-spot, les cicatrices, les crevettes annelées, molle ou avec les branchies sales. Puis, je pèse l’échantillon. A la fin, le poids des
échantillons me permettra de calculer le poids moyen des crevettes. Tout au long de la pêche, je pèse et
emballe également les crevettes que l’on vendra en vente directe à la ferme (la quantité dépend des commandes).